
07h du matin, ce jour-là, mon radio réveil s'est allumé au beau début du flash d'information. #Franceinter m'annonce avec un ton de non-initié que Steve Jobs est décédé... Je ne suis pas du
matin, encore moins de celui-là. Je récupère mon ipad, je vais sur le site de la marque, je trouve la photo que tout internaute a dû déjà voir et qui illustre ce post (ou presque). Je suis
ému,
je me dit que je suis con d'être ému. je ne m'explique pas pourquoi je le suis. Mais ému je suis...
Je rejoins la douche, je croise ma compagne, qui me dit : "alors?..." dans un soupir. Je lui réponds "c'est nase..." dans un autre.
La journée débute, je reçois des sms de collègues ou d'amis qui me disent "ton mentor est mort..." ou "mes condoléances". Je suis susprise, je suis incompréhension... c'est toujours instructif
de
recevoir des feedbacks sur l'image que l'on émet de soi.
Cette journée là, les brèves se succèdent et parlent de l'immense oeuvre réalisée par Steve Jobs. Sorte de champ lexical des mots en "i". Sur la toile y'a une rediff du discours de
Standford
University, je regarde à nouveau les articles du blog traitant de l'oeuvre de #SteveJobs, l'activité reprend le dessus... on fera le point en fin de semaine....
Alors en ce vendredi soir, l'heure est venue, pour une sorte d'hommage.
Ce n'est pas seulement un homme que l'on vient de perdre. Ce n'est pas un Dieu non plus, entendez bien mon propos. La mort de Steve Jobs est celle d'un Ambassadeur. Digne représentant
d'un
contre-pouvoir, dans un monde où le court terme "efficacité", régit nos modes de fonctionnement. Rien ne vaut plus que s'il est rentable.
Pour moi, Steve Jobs était l'ambassadeur du contre-temps, au sens musical du terme sûrement. Décisif dans la mélodie sans vraiment faire partie des notes fondamentales de la mesure. Steve
Jobs
était à sa discipline ce que le jazz est à la cadence militaire. L'étape d'après, le plan B, le A-train celui qui conduit ses passagers d'un bout à l'autre de l'expérience.
Je peux comprendre ceux qui se seront lassés à la longue de la stratégie du compte-goutte propre aux promos entières de marketers US dont Jobs était le Major. Je peux aussi comprendre que
certains se disent qu'on en fait trop pour un homme qui n'a pas non plus trouvé le remède aux maladies du siècle. Tout ceci est sûrement vrai, je le partage.
Alors qui venons-nous exactement de perdre ?
Steve Jobs était un formidable ambassadeur de l'hémisphère droit : celui de l'intelligence globale, de l'émotion, de l'intuition. Hémisphère découvert depuis peu finalement et trop
gringalé
encore pour se défendre seul contre son jumeau, le gauche : si logique, si froid, si bon en maths...
Je pense être un droitier de nature et un gaucher de circonstance. Sorte de droitier contrarié. Alors comme tous les droitiers je ressens aujourd'hui peut-être la perte d'un proche et surtout
le
danger que cela augure.
Pensez-vous qu'il existe de nombreux droitiers chez les Traders ? chez les Chefs d'Etats ? Chez les Sélectionneurs Nationaux ? Chez tous ceux qui sont en haut, tout en haut de notre société
et
qui décident de nos modes de fonctionnement ? Ils sont si rares les droitiers en haut de l'échelle. Si rare les Steve Jobs qui avec le temps parviennent à modifier les modes de fonctionnement
en
alliant leur créativité à l'efficacité de ceux qui les entourent. Dire que certains disaient début 2000 : "pfff, Ils parlent d'Apple mais ça ne représente même pas 5% du parc informatique...".
En
2011, la trésorerie d'Apple dépasse le trésor américain avec 75,8 milliards de
$ et sa valorisation boursière celle de la marque qui correspond aux 95% restants du fameux parc ; Le Gauche Microsoft.
Alors oui ça m'attriste et ça m'emmerde qu'un de nos Généraux s'en soit allé, si tôt, à 56 ans, en pleine lutte cérébrale. C'est dommage que l'on n'ait pas eu l'occasion de voir ce que
pouvait
donner le travail d'un droitier une fois installé durablement au pouvoir. Dommage et frustrant. Peut-être grave ? Sait-on ce qui aurait pu arriver à l'éxécutif français si Coluche n'était pas
mort en 86 ?
Je suis triste comme ce sera le cas le jour où les AllBlacks perdront en demi-finale face à l'Afrique du Sud. Le jour où La Roja perdra contre l'Allemagne en finale de la Coupe du Monde 2014.
Pour vivre le sport de haut niveau au quotidien, je peux vous assurer que les Droitiers s'y font rares... Ce milieu est bourré de Gauchers qui comme on le dit ne se servent du pied droit que
pour
monter dans le bus... Et en droitier frustré je rêve en silence du jour où un droitier, un vrai, prendra le pouvoir dans cette discipline. Notamment en France.
Et parce que je suis raisonnable je me dis que je ne verrai probablement jamais un droitier à la tête de notre pays...
Alors je souhaite en cette période de deuil longue vie à tous les droitiers si peu puissants soient-ils. Prenons soin de nous et surtout restons droitiers. Ce soir j'ai une pensée pour Steve
Jobs, pour Dick Fosbury et tous ceux ou celles qui ont changé, sinon le monde, leur monde !
Pour conclure cet article nécrologique je propose un petit jeu. Depuis 2 jours on entend parler de tous objets inventés par Steve Jobs. Deuil de passéiste... Pourquoi ne pas imaginer plutôt
tous
les objets qu'il n'aura pas eu le temps d'inventer ? Pour cela, je propose le hashtag suivant sur twitter. #SijetaisSJjinventerais et vous faites suivre l'idée qui tue de votre
choix...
Droitiers, Droitières...

